...parce que les répercussions sont moindres

Debout, il tient un grand vase et il le contemple. Dans le vestibule, l’homme est vieux et fatigué. Le vase est joli; il a été évalué à 8000$ par un spécialiste. Mais l’homme ne sait pas. Il dépose le vase. L’homme regarde le vase au sol et s’allume un cigarillo au rhum. Alors que le vestibule se comble de fumée, l’homme se réjouit d’avoir un vase qui a l’air de valoir cher même s’il ne sait pas qu’il vaut réellement cher. L’ignorance et les volutes emplissent la petite pièce et les passants ne se doutent pas qu’une telle scène est en train de se dérouler. Rien d’historique : qu’un homme dans son vestibule avec son vase et sa portion de tabac.

Le temps est bon, le vent est frais. L’automne tire à sa fin. Le vase est joli. Près de 8000$ qu’il vaut. Mais l’homme n’a pas cette information en tête. Il fume. Comme un sacripant qu’il fume. Au gré de sa nostalgie passagère, il jette son mégot dans le vase, se grattouille la fourche et franchit la porte-moustiquaire qui le sépare de sa demeure.

— Là cet hiver, tu vas aller fumer dehors j’espère, lance sa femme.
— Oui oui, répondit-il, un temps de verbe en retard.



2 Commentaires à “L’homme dans le vestibule”

  1. Sophie | 12 juillet, 2011 à 13:31

    :)

  2. Celui qui blogue | 12 juillet, 2011 à 14:45

    Merci pour ce sourire passager Sophie :)

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