...parce que les répercussions sont moindres

Il était assis juste là. Au même endroit qu’à l’habitude, dans ce resto semi-bourgeois. Elle se trouvait devant lui, impatiente et radieuse. Son emmerdement se respirait, comme un parfum de grande qualité qu’on aurait voulu liquider. L’auteur crade qui se veut glauque était fidèle à l’image qu’il aime projeter. Il était «boring» comme la vanille d’un pouding.

Il a changé son fusil d’épaule, déplacé sa fourchette et lancé quelques blagues pour détendre l’atmosphère.

Son repas a été déposé juste là. Au même endroit qu’à l’habitude, dans ce resto semi-bourgeois. Elle se trouvait devant lui, épuisée et resplendissante. Sa lassitude se palpait, comme un glaçon d’humidité qui perle en gouttelettes sur le cou d’un athlète. L’auteur crade qui se veut glauque était fidèle à l’image qu’il aime projeter. Il était «cheesy» comme d’une équipe le dernier choisi.

Elle a changé sa sacoche d’épaule, sorti un stylo et balancé quelques sourires maladroits pour détendre l’atmosphère.

Il est assis juste là. Au même endroit qu’à l’habitude, dans ce resto semi-bourgeois. Elle ne se trouve plus devant lui, passive et lumineuse. Ses talons claquent désormais en d’autres lieux, comme un tic-tac qui marque le temps et qui dévierge les tympans. L’auteur crade qui se veut glauque n’a plus besoin d’être fidèle à l’image qu’il aime projeter. Il est désormais «casual» comme un nouveau membre sur un réseau social.

Elle lui a laissé son numéro sur le coin déchiré d’un napperon en papier, espérant un retour, dans une plus intime atmosphère.



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