Texte #1 d’un triptyque réalisé dans le cadre d’un atelier d’écriture. Comme il s’agit d’une première version, vos commentaires et suggestions sont les bienvenus. Vous pouvez aussi lire le texte #2 et le texte #3.
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Nous sommes le comité de ponctuation. Nous sommes toujours à l’heure. Nous ponctuons de façon ponctuelle. Été comme hiver. L’automne aussi. Mais au printemps, quelques suppléants sont embauchés. Il arrive, par exemple, de voir la virgule remplacer la cédille la fin de semaine. On y voit que du feu. Sinon, le tiret et le trait d’union s’échangent parfois des quarts de travail, même si l’un d’eux est habitué d’en mener plus large. Ils se sont toujours entendus là-dessus par le passé. Ils ont le passé composé qui s’accorde.
Nous comptons plusieurs intellectuels dans nos rangs. L’une est en train de compléter sa thèse sur la réalité des parents. Une parenthèse. Plusieurs vétérans de l’élite assurent une présence symbolique lors des rencontres. $, %, € ou @ pour ne nommer que ceux-là. Il y en a aussi qui sont plus manuels. Je connais bien trois ou quatre petits points qui s’occupent de la suspension. Les points sont parfaits pour la besogne technique. Ils sont pointilleux.
Nous sommes fiers de notre rôle. Nous donnons l’essence au texte. Nous sommes essentiels. C’est grâce à nous que le souffle est maintenu tout au long des vers. Nous sommes des souffleurs de vers. Sans la ponctuation, combien de lecteurs seraient morts par manque d’air? La nécrologie s’en retrouverait probablement plus cocasse. Mort de rire? Mort de lire! Taxé par une syntaxe trop lourde, feu Roland Laurent s’éteint à l’âge de la liaison.
Nous rions parfois. « Un jour, il m’est venu à l’idée d’élider », dit l’apostrophe en apostrophant son interlocuteur. Nous nous sommes marrés lors de cette rencontre, même si plusieurs en avaient marre. Ça nous a permis de décompresser un peu, tout en mettant les points sur les «i». Lazy, comme les paresseux que nous étions à l’époque. Incapables de prendre une décision unanime sur les propositions. Nous avions l’incise indécise.
Nous nous apprécions beaucoup au sein du comité. L’accolade est toujours prête pour une étreinte, même si le dièse y voit parfois un bémol. Nous nous tenons serrés, entre guillemets ou entre crochets. Le saut de paragraphe et l’espace sont plus distants, certes, mais nous ne pouvons pas leur en tenir rigueur. Ils sont rigoureux. Des grands travailleurs qui s’effacent au profit de la tâche.
Et quand on nous demande pourquoi tous les paragraphes sont égaux, nous justifions.
Point final

« Un jour, il m’est venu à l’idée d’élider »
awesome.
Brillant! J’adore !
Cou’don, Pierre-Luc, tu m’avais pas dit que Sol (Marc Favreau) était ton grand-père
C’est fort. Point.
@lesbascroisés : Ah oui, c’est ton segment préféré? Il faudra que je le garde pour la version 2 alors!
@Mademoiselle A. : Merci mamzelle!
@Richard Gervais : C’est un immense compliment, mais je ne peux malheureusement l’accepter sans avoir l’air prétentieux
@Maxime DeBleu : Merci. Point d’exclamation!
Wow PL.G. ! Ça change de la bullshit sur l’échangeur Turcot.
«Je connais bien trois ou quatre petits points qui s’occupent de la suspension. »
Ok, wow! De loin ton meilleur depuis un bail! J’espère que tu vas mettre la version 2 en ligne aussi!
J’aime particulièrement le paragraphe 1(sauf le mot embauchés!) et l’idée générale du 3. « Mort de lire » c’est trop cool! Ça ferait un beau titre si tu pars la version 2 à partir de ce paragraphe la!
@maximgarant : Bah, c’est quand même cool la bullshit sur l’échangeur Turcot! Je suis sûr qu’on pourrait en parler de façon poétique pendant au moins… 2-3 minutes!
@sarah : Hey merci Iris-Girl! C’est super gentil de me donner des pistes pour ma deuxième version. C’est en plein ce dont j’ai besoin actuellement pour me «réenligner» le paragraphe. Sinon, tu vas bien?
Wow très impressionnant !
Je viens de temps en temps sur ton blog depuis quelques mois, mais là je devrais absolument te laisser un commentaire.
Il y a visiblement beaucoup de travail et de réflexion derrière ce texte.
Bravo !
@Simon : Merci! J’apprécie ce commentaire. Et au plaisir de te croiser dans les parages