...parce que les répercussions sont moindres

entrevue_autblogLucide et colérique, Stéphane déteste les cyclistes hivernaux, les gens qui se proclament auteur avant d’avoir publié ainsi que les films de James Bond en général. Cinéphile bourru, ce blogueur se décrit comme une vieille âme dans un jeune corps. Découvrons le gars qui se cache derrière l’autblog… et en prime, cinq de ses films fétiches à la fin de l’article.

01. Question d’entrer dans le vif du sujet, présentez nous votre blogue en faisant une courte critique destructrice de celui-ci…
Une courte critique ? Tu me connais, je fais généralement dans l’abus de verbes et de longueurs mais question d’être concis, je pourrais dire que mon blogue est de plus en plus à mon image. Il y a plus de deux ans maintenant, c’était un prétexte que je me suis imposé pour écrire et cesser d’être d’une paresse intellectuelle plutôt crasse. C’est ensuite devenu un spectaculaire passe-temps et ultimement un outil de communication qui me surprend encore à ce jour. Ce que je croyais être un exutoire plus intime est en fait une ouverture sur le monde qui peut franchir la barrière physique de l’écran, suffit juste d’être attentif aux autres individus qui ventilent via ce médium.

Mais pour en revenir à la critique ‘courte et destructrice’, je résumerais mon blogue ainsi : C’est sale, ça chiale, c’est plaignard  sur les bords, c’est vulgaire par moment, colérique par d’autres et trop souvent irrévérencieux. Mais avec le recul, c’est à mon image dans la mesure où j’articule une autofiction perpétuelle autour de mes propres frustrations et observations de la vie quotidienne.

Et en encore plus court ? Cynique et Blasé résumerait bien l’expérience de lecture que procure mon blogue.

02. Maintenant, question de rétablir votre image, parlez-nous de votre meilleur billet.
Sans véritable raison, cette montée de lait contre la «blogo’o’séduction» me divertit encore même si je l’ai écris il y a près d’un an. Ça résume bien mes écrits, cyniques et observateurs.

03. Votre blogue est souvent la tribune de montées de lait en vrac. Est-ce que c’est votre principal moyen d’ouvrir les valves où vous tuez aussi quelques passants au passage?
Contrairement à ce que j’écris, que ce soit sur mon blogue ou Twitter, je ne suis absolument pas quelqu’un de colérique. J’ai un humour qui se rythme beaucoup avec les excès et les exagérations, un peu comme quelques ‘stands-up’ anglophones plus vulgaire comme Dennis Leary par exemple. J’ai toujours trouvé les excès de colère particulièrement amusants même si dans la vraie vie, c’est plutôt mal vu et malsain de s’emporter pour un tout et un rien. Alors, via un blogue, l’écriture d’une colère est salvatrice dans la mesure où toutes les âneries que j’évacue dans mes vrac, je ne les enfonce pas dans la gorge d’un innocent passant qui n’aurait rien demandé à la base.

Mais, secrètement, je rêve encore de pousser l’un de ces cyclistes hivernaux devant un autobus. Ne serait-ce que pour montrer l’exemple à tous les autres et leur faire comprendre qu’ils sont spectaculairement imbéciles quand ils nuisent à toute la circulation sur les rues passantes d’un Montréal enneigé. Et non, pour ceux qui se pensent meilleur que les autres, ça n’existe pas de bons cyclistes en hiver. Si tu chevauche deux roues quand la chaussée est ensevelie sous un pied de neige, tu es un imbécile, point barre. Il n’y a aucune exception à cette règle.

Blogroll express de Stéphane
Je fréquente beaucoup de portail web, je vais donc me permettre deux ‘Top 3’, un en français et l’autre en anglais.

Francophone
http://melodienelson.com/

http://princessefunambule.wordpress.com/

http://nayrusetvoila.blogspot.com/

Anglophone
http://blacksheepreviews.blogspot.com/

http://textsfromlastnight.com/

http://myoldkyhome.blogspot.com/

Une question de choix
Ok, on joue à «oubedon». Je vous propose deux options et vous devez en choisir une et expliquer brièvement votre choix.

- Cinéma Beaubien oubedon Cinéma du Parc ?
Le Cinéma du Parc, malgré que le Beaubien a vraiment repris du poil de la bête depuis quelques années. Mais l’équipe du Parc, Roland Smith à la tête, fait vraiment des miracles avec des moyens ridiculement bas. La variété de la programmation et la fréquence des nouveaux cycles est étonnantes et n’importe quel cinéphile, averti ou non, devrait s’abonner à la Newsletter du Parc pour y trouver la projection qui comblera ses besoins de ‘date de dépannage’ bon marché.

- Capitaine Morgan oubedon Capitaine Crunch ?
Le Capitaine Crunch est dans mon cœur depuis toujours, il gagne donc pour la longévité et la variété. Les saveurs ‘saisonnières’ avec des ‘Crunchs’ vert et rouge me manquent terriblement. Morgan de son coté est un fidèle ami, mais les deux ensembles sont fortement déconseillé. Les grumeaux de Crunch se digèrent très mal avec une gorgée de Morgan.

- Série B oubedon série Z ?
Ni un ni l’autre. J’ai toujours détesté cette classification approximative que les étudiants, majoritairement, exploitent à outrance pour justifier leurs goûts un peu plus marginaux. Moi je dis  de A à Z, avec un crayon gras sous le X et une tendance à mélanger les faux genres pour embrouiller les faux intellos.

Questions générales

- Je n’ai pas fait allusion au cinéma dans la rubrique précédente pour rien, je sais que vous êtes un cinéphile averti. Suggérez-nous cinq films ABSOLUMENT incontournables à votre avis.
Seulement cinq films ? Choisir est une tâche que je déteste particulièrement mais, je vais tenter de rester bref dans mes sélections. Dans l’ordre et le désordre, selon les goûts.

1) FREAKS de Tod Browning
Celui-là est incontournable pour son impact dans l’imaginaire collectif américain. L’exploration du monde forain a terrorisé l’Amérique de la première moitié du vingtième siècle et ce film de Browning est probablement la pierre angulaire de ce qui se développera, sur le tard, comme une passion pour le cinéma d’épouvante. Pensé et conçus comme une banale histoire de ‘blue bearding’ (est-ce que l’expression se traduit en français ? Une histoire Barbe Bleu-esque ?), le film a été reçu comme une histoire d’horreur peuplée de créatures étranges à la limite du mystique. C’est la réception du public qui a élevé ce film au rang d’incontournable et en prime, c’est l’une des meilleures façons de voir à l’œuvre des véritables phénomènes de foires ambulants qui avaient pris congé du cirque Barnum & Bailey pour le tournage de ce film. Des frissons sans trucages, c’est rare, mais ça existe. De là l’incontournable ici.

2) GAZ BAR BLUES de Louis Bélanger
Un choix sentimental ici. À mon avis, ce long métrage de Bélanger est le film québécois le plus pertinent et le plus riche des vingt dernières années, bien au-delà des Invasions Barbares de ce monde. Une langue vivante, le portrait d’une génération nostalgique qui s’efface au profit d’une société de consommation. C’est touchant, humain et tellement profond au niveau de l’écriture qu’un seul visionnement ne suffit pas. Même ses nombreux défauts enrichissent le film qui, sans prétention, s’infiltre au creux de notre caboche. L’amitié entre homme, l’angoisse de vieillir et le transgénérationel n’aura jamais été aussi bien dépeints dans notre cour que par ce film de Bélanger.

3) THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW de Jim Sharman
Probablement le film qui, durant mon adolescence, m’a ouvert les yeux sur ma passion pour le septième art. Et pourtant avec le recul, le film est gauche, irrévérencieux, maladroit, peu subtile et visuellement très pauvre. Mais le film est spectaculairement inclusif. Les tabous et les normes n’ont pas vraiment d’importances, tous comme les races et les orientations sexuelles. Ne serait-ce que pour l’exercice de tolérance et le culte que le film a engendré, ça vaut la peine d’être visionné. Et sinon, Tim Curry en porte-jarretelles soutire toujours quelques fous rires.

4) WALLACE & GROMIT IN THE CURSE OF THE WERE-RABBIT de Nick Park
Le cinéma d’animation grand public a littéralement explosé depuis l’achat de Pixar par Disney il y a quelques années déjà. En marge de cette croissance, attisé par la guerre ouverte entre Dreamworks et Pixar, il y Nick Park et son équipe qui effectuent un travail de moine et nous pondent, trop peu souvent, des bijoux de créativité et d’inventivité. La culmination ? Ce long-métrage mettant en vedette les deux personnages avec lesquelles ils avaient déjà produits plusieurs courts-métrages auparavant. Une passion démesurée, une structure complexe de références aux divers genres cinématographiques et une maîtrise du médium absolument impeccable.  L’animation avec de la pâte à modeler est un très long travail et un déploiement de patience et de dévouement. Visionner ce film, c’est encourager des années et des années de dures labeurs. Les traces de pouces sur les visages des personnages sont le reflet d’un travail de forcené qui ne lésine pas devant l’effort pour mettre en image un conte moderne absolument irrésistible. Sans rien enlever aux cinémas d’animation qui s’appuie sur la technologie pour mettre en vie leurs histoires, j’ai toujours eu un faible pour les ‘jobs de bras’ et ici, on sent qu’une bande de cinglés se sont littéralement salit les mains pour notre divertissement. À voir et revoir, absolument.

5) THE WILD BUNCH de Sam Peckinpah
L’esthétisme de la violence n’aura jamais été aussi léché, savoureux, que dans cette relecture du western par l’enfant terrible du cinéma américain. Chaque plan est riche, chaque situation métaphorique. La violence est une loupe acérée sur la société contemporaine (de l’époque) et malgré les quelques rides, le film n’a absolument pas perdu en pertinence. C’est un incontournable dans la mesure où il offre une lecture plus accessible d’un genre charnière dans la cinématographie nord-américaine. Un bon compromis pour ceux qui n’ont pas envie d’éplucher la carrière de John Wayne et qui ont encore en bouche l’arrière-goût douteux du western spaghetti.

- Quelle est la question que vous auriez vraiment détesté vous faire poser lors de cette entrevue ?
«Pis, penses-tu que les Canadiens vont faire les séries c’t’année ?»



Laisser un Commentaire