… Si un ti-clin comme lui peut le faire, je ne vois pas pourquoi je me gênerais!
Chez moi on déménageait à tous les ans (ou presque). Si bien que j’avais souvent à me disputer avec ma soeur pour avoir la plus grande chambre de l’appartement. Parfois elle gagnait, parfois je gagnais. Mais au fil des années, je me suis rendu compte que la petite chambre avait ses avantages.
Le détenteur de la petite chambre avait notamment le privilège d’avoir une télé dans celle-ci. Par pitié, on lui offrait aussi de l’argent pour décorer son cubicule de posters. Un seul suffisait. L’occupant pouvait aussi s’endormir plus tard puisque ladite chambre était plus éloignée de l’antre parental. En somme, ce n’était pas si pire que ça.
Et une petite chambre, c’est fonctionnel. Mon bureau d’ordi était à côté de mon lit. Je pouvais basculer d’un endroit à l’autre d’un seul mouvement du bassin. Il m’était aussi possible d’allonger mon bras pour atteindre la corde des toiles vénitiennes, l’interrupteur de la lumière, un livre sur mon étagère ou même mon tiroir de bobettes. Cette disposition m’a rendu drôlement efficace.
D’autre part, la petite chambre a quelque chose de chaleureux. Ça évoque le rapprochement. Dans une grande pièce, le mobilier se perd aux quatre coins. Un peu comme des richesses mal réparties. Et que dire du ménage : plus c’est vaste, plus c’est complexe à gérer.
(…)
Au fond, avoir la plus petite chambre, c’est comme obtenir la souveraineté du Québec. On se retrouve avec un territoire plus petit, mais avec bien des avantages et des privilèges. Avec le plus haut niveau de gouvernement qui se retrouve plus près du peuple, la gestion devient plus efficace et fonctionnelle. Devenant moins complexe à gérer, le petit pays pourrait bénéficier de richesses mieux réparties… au dépit d’une douteuse péréquation.
Maudit que j’étais bien dans ma petite chambre!