Où est passé mon amour propre ? J’ai l’impression de l’avoir perdu à peu près en même temps que ma virginité, au moment précis où mes sentiments pour les femmes ont commencé à prendre le dessus sur ma santé mentale. Tout faire pour qu’elles m’aiment en oubliant de m’aimer moi-même.
Toujours les inquiétudes qui minent la perception. Toujours le ventre qui bourdonne de questions. Toujours la peur du lendemain et la difficulté à vivre aujourd’hui. Je suis une bombe à retardement qui éclabousse les gens qui l’entourent lors de l’explosion.
Je me sens comme un crisse de poète perturbé, sans le foulard et les tournures bien ficelées pour évacuer le spleen en beauté.
Aujourd’hui je vais bien. Demain, on verra. Mais à cet instant précis, je respire de l’air frais. Un vent de renouveau. Une brise pré-hivernale qui réchauffe étrangement. À tous ceux que j’ai pu blesser dans mes minutes de folie, je vous salue bien bassement et vous remercie pour votre compréhension.
Et toi chérie, tiens bien ma main parce qu’on va foncer. On s’pogne un café chez Tim, on va sur une plage et on s’fait bronzer la nouvelle vie. Hier, ma dernière inquiétude s’est endormie en même temps que moi. Il n’y aura désormais que les moisissures pour me pourrir la vie (!)

- Pourquoi tu courres ?
Ce soir là, je m’étais acheté un cigare cheap, comme pour fêter le début d’une belle semaine. Il y a quelque chose de malsain dans le fait de célébrer quelque chose qui n’est pas encore arrivé, je sais. Mais ça ne m’a pas empêché d’entamer un six-pack de Boréale pour me défriser le lundi…
Je vois un peu flou. Je marche la tête dans les nuages. Et soudain je me ressaisit et je retourne à la base : Quatre heures de sommeil dans une nuit, ce n’est pas assez!
Une soirée chez des amis, un dodo dans ton lit.