Lifté par une collègue de travail et son mari, je retourne chez moi dans quelques minutes. La tête appuyée contre l’amoureuse, sur la banquette arrière, nous serons portés sur les routes glacés pour regagner la chaleur et l’intimité du lit conjugal.
Armé de mon iPod, d’un mot croisé, d’un gros sac de fromage Boivin et d’un calepin de note, je me prépare mentalement pour un bon six heures à regarder défiler les sapins géants.
Dites pas trop d’obscénités dans les commentaires pendant mon absence…

J’suis gamin, j’aime jouer. Je n’aime pas dormir. JE VEUX JOUER. Je veux faire l’amour, m’endormir et me réveiller pour recommencer. J’aime bouder pour rire et rire pour ne pas bouder. Je veux joooooouer! Je n’aime pas mon travail parce qu’on ne peut pas y jouer. C’est trop sérieux. C’est une croisade de vestons-cravates qui remplissent des formulaires bidons. J-O-U-E-R! Je veux me déguiser et surprendre mes proches avec des coups. L’innocence de l’enfance me manque.
Boude-je mon plaisir ? Cache-je ma joie ? P’t'être un peu! L’amoureuse trouve que oui. J’ai le bougon en mode «turn off».