Lorsqu’on a 5 ans, notre meilleur ami c’est notre voisin. On apprend à faire de la bicyclette en même temps que lui, on joue à l’ours en courant autour de la maison. Puis on rentre, les joues rouges, pour prendre une bonne limonade… et on se sépare lors d’un cruel déménagement.
Lorsqu’on a 10 ans, notre meilleur ami, on l’appelle notre best friend. C’est avec lui qu’on échange des cartes de hockey et qu’on joue au baseball dans le parc. Puis on rentre, les mains rouges, pour boire un verre de lait devant une partie de Mario Bros… jusqu’à ce qu’une stupide chicane s’interpose.
Lorsqu’on a 15 ans, notre meilleur ami c’est un gars dans notre classe. Un coloc de casier. C’est avec lui que l’on fume notre premier joint dans la ruelle. Puis on rentre, les yeux rouges, pour boire une Smirnoff Ice à l’insu des parents… jusqu’à ce que nos blondes respectives nous empêchent de nous voir.
Lorsqu’on a 20 ans, notre meilleur ami c’est un confident. Un vrai chum. On sort dans les pubs, on parle de la vie. Puis on rentre, le nez rouge, pour boire une autre bouteille de blonde en se racontant nos mésaventures avec d’autres sortes de blondes… Et le destin veut finalement que le marché du travail nous éloigne.
Lorsqu’on a 25 ans, notre meilleure amie, c’est notre conjointe. L’ange des situations difficiles, la comparse des meilleurs moments. C’est souvent elle qui devient la mère de nos enfants. Et là, les parents débordés ne dérougissent plus, alors que le bébé tète sa gorgée de lait… L’avenir n’est plus rouge, il est rose.