Bonne nuit!
Je n’aime pas dire bonne nuit. Ça me donne un mauvais feeling…
On dirait qu’à toutes les fois que cette expression sort de ma bouche, c’est un signe que la journée est bel et bien terminée, que les discussions conjugales au lit sont closes et que je dois impérativement dormir afin d’être en forme pour le lendemain. Je me sens un peu comme si le «bonne nuit» lancé réciproquement entre deux co-chambreurs signifiait, mot à mot, «on ferme nos gueules, on devient des humains sages et on met notre vie sur pause jusqu’au chant du coq». Il y a quelque chose de tragique là-dedans. Combien de fois ai-je repris la discussion après avoir dit 12 fois «bonne nuit», comme un drogué qui fait une rechute ?
J’aime nier mes obligations de sommeil. Je n’aime pas hypothéquer le tiers de ma vie en dodo. Je suis un hyperactif illusoire; un épuisé qui ne l’avouera jamais. Mais quand je me suis levé ce matin, j’ai compris que j’en avais besoin.
Et vous, le fameux «bonne nuit», ça vous fait quoi ?


